Médiathèque et mairie

« Un saut dans le temps »

  • Situation : Avenue François Mitterrand - Olonne-sur-Mer (85)

  • Programme : Construction d’une médiathèque comprenant un auditorium de 46 places, un espace de convivialité et d’exposition et un espace de consultation (tranche 1) et de l'hôtel de ville (tranche 2)

  • Mission : Base x Exe partielle x OPC

  • Maîtrise d'ouvrage : Mairie d'Olonne-sur-Mer

  • Maîtrise d'oeuvre : Architecte mandataire et économiste : forma6 x BET Structure : Serba x BET Fluides : AlBdo x BET Acoustique : Acoustibel x OPC : Mcb

  • Coût des travaux : Tranche 1 : 2 045 000 € HT - Tranche 2 : 2 505 000 € HT

  • Surface : SP Tranche 1 : 1 079 m² - Tranche 2 : 1 815 m²

  • Crédits Images : Patrick Miara

La qualité patrimoniale du parc et du logis de la Jarrie est incontestable. Les nouveaux équipements doivent s’imposer à la frontière entre architecture et nature, en préservant une continuité urbaine, en gardant la mémoire du lieu, en s’inscrivant dans le projet de parc urbain, le tout passé au crible de la d’une démarche environnementale.

L’insertion dans le site s’articule autour de deux idées fortes issues du contexte : la douve et le gabarit. A partir des accès rues Mitterrand et des Rigottières, un plateau haut est créé, reprenant l’axe Est/Ouest du projet de parc urbain, sur lequel s’implantent les équipements et leurs espaces extérieurs. La différence de niveau est traitée par un talus et une noue plantés à la façon d’une douve. Cette configuration permet d’offrir de nouveaux points de vue singuliers en balcon sur le parc, de créer un sous bassement naturel à l’équipement et de contenir ses espaces extérieurs. Le bâtiment de l’office de tourisme reprend précisément les mesures du logis et de la dépendance perpendiculaire, déterminant un gabarit qui sera décliné pour constituer les nouveaux bâtiments et les aménagements paysagers, en vides et en pleins.

Le parti architectural met en exergue le logis comme élément principal de la composition, les extensions se développant à l’arrière. Le gabarit est un prétexte. Sa résolution formelle s’autorise des libertés, élargies, allongées, déformées pour mieux recevoir le programme. Les volumes se décalent jusqu’à s’avancer dans et sur le talus, permettant à la fois d’apercevoir l’extension depuis la rue Mitterrand et de respecter la cour d’origine, et la mare. La configuration en volumétries autonomes permet de gérer les différences de hauteur des espaces, de peaufiner l’acoustique et d’inclure les organes techniques.

Le premier ensemble autour du logis et de sa dépendance principale vient recevoir la mairie qui s’accommode mieux de l’étage et des espaces intérieurs contraints par les épais murs existants.

La volumétrie extérieure de la médiathèque respecte le jeu du gabarit alors que la fonctionnalité intérieure respecte le programme. Les banques d’accueil sont un passage obligé vers le reste de la médiathèque. Les extrémités des volumes abritent le kiosque, l’auditorium, le pôle enfance et heure du conte gradiné, ainsi que l’intégralité des espaces internes, alors que les parties en lien offrent un plateau libre, de plain-pied, ouvert naturellement sur le jardin de lecture et la terrasse.

L’ambiance intérieure conçue autour des matériaux principaux béton lasuré, bois et larges vitrages sur l’extérieur vient s’enrichir d’un mobilier et d’une signalétique adaptés, simples et colorés, de façon à créer une atmosphère à la fois sécuritaire, chaleureuse, accueillante, variée, ludique et claire. Les parallélépipèdes lancés dans le paysage ouvrent des cadrages sur le parc bas et le jardin de lecture à l’Ouest et sur le parc haut et la mare à l’Est.

Entre les deux équipements, vient se glisser le volume de l’accueil mutualisé, dont l’espace de convivialité s’ouvre sur le paysage. Alors que l’ensemble des volumes s’installe dans une parallèle au logis, ceux des accueils viennent s’infléchir vers l’accès piéton définissant ainsi naturellement le parvis dans un mouvement d’ouverture généreux.

Le béton interprète la minéralité de la pierre de l’existant et est utilisé dans les parties courantes en double mur. Des « moucharabiehs » de bois ornent les façades Est et Ouest, en filtres solaires. Le bois, inspiré de la charpente spectaculaire du logis, vient annoncer les accès par de grandes portes sur pivot ou accompagner les vitrages fixes en masquant les ouvrants. Comme le béton, il se prolonge à l’intérieur devenant mobilier fixe, panneaux acoustiques ou décoratifs. L’idée de faire pénétrer à l’intérieur les matériaux extérieurs renforce la continuité dedans/dehors.

Afin de limiter les besoins en énergie du bâtiment, une attention particulière est portée dès la conception à la compacité du bâtiment, l’optimisation des apports solaires, le recours à l’inertie thermique. La réduction de la consommation d’énergie primaire est optimisée grâce au raccordement à deux chaudières à condensation, à la mise en place d’une centrale de traitement d’air à haute performance énergétique, à l’utilisation d’une unité de récupération de chaleur avec circuit frigorigène dans l’auditorium et la salle de mariage, à l’optimisation des consommations d’éclairage.

Ainsi, le projet affirme une architecture contemporaine singulière tout en mettant en avant les composantes patrimoniales du site, concilie les demandes spécifiques d’un programme, crée des lieux de vie variés favorisant rencontre et échange, limite l’empreinte du bâtiment sur l’environnement et propose une gestion facilitée et optimisée des équipements.