2013

2010 → 

Pôle de chimie

« En lévitation »

  • Situation : Campus Universitaire de Poitiers, Rue Michel Brunet - Poitiers (86)

  • Programme : Construction d’un bâtiment de chimie comprenant des laboratoires et des bureaux pour les enseignants, les chercheurs et les étudiants

  • Mission : Base

  • Maîtrise d'ouvrage : Université de Poitiers

  • Maîtrise d'oeuvre : Architecte mandataire : forma6 x BET Tous corps d’état : Ceris Ingénierie

  • Coût des travaux : 2 887 000 € HT

  • Surface : SHON : 1 327 m²

  • Crédits Images : Patrick Miara

Cet ouvrage est pensé comme un « bijou » au service des scientifiques parce qu’il n’y a aucune raison de se priver du plaisir d’habiter et de vivre un lieu de travail. Cependant, l’objectif premier reste de réaliser un bâtiment efficient, offrant toutes les qualités et les technicités inhérentes à la particularité scientifique du lieu.

Ce bâtiment doit être à la fois agréable dans ses espaces de vie, de travail, facile et simple à vivre et à parcourir au quotidien, afin que son usage premier, la recherche, soit au centre des préoccupations.

Notre positionnement architectural consiste à nous inscrire de manière contemporaine, paysagère et environnementale dans un site universitaire, donc du « savoir ». Il nous paraît fondamental de se saisir de l’architecture comme créatrice des lieux de vie, d’offrir des espaces, des perspectives variées caractérisant ainsi différentes ambiances, entre une vie intérieure et la représentativité de l’institution.

Le projet urbain et architectural

L’opportunité de construire le bâtiment de chimie offre l’occasion d’affirmer sa présence sur le campus, en lui donnant une nouvelle identité et d’exploiter dans l’avenir un nouveau socle à la réorganisation de cette partie du campus. L’idée est de restructurer un espace public évolutif, en multipliant autour de ce premier bâtiment des « clones », permettant à terme d’identifier leur fonction, après avoir déconstruit les parties anciennes.

Le projet

Le bâtiment se développe sur la totalité du parking par une volumétrie simple, de plain-pied, venant se poser sur le site, gardant ainsi l’aspect initial du terrain. Il s’ancre sur l’angle sud, côté entrée, et se projette en équilibre vers le nord. Cet effet symbolique donne à l’architecture à la fois une solide accroche à la terre et à la fois un effet de « lévitation » semblant aller chercher l’inspiration.

L’entrée principale se situe au sud, elle est protégée et identifiée par un volume haut en avancée. Depuis l’entrée nous apercevons le patio, le centre de gravité de l’édifice, à partir de ces lieux cette unité de chimie va s’organiser.

L’ensemble des façades du parallélépipède est constitué de panneaux de béton blanc. Cette matière est une allégorie de la recherche scientifique, représentant la pureté et la clairvoyance de la pensée. Les perforations des façades symbolisent une vision organique de la chimie et font partie intégrante de la structure du bâtiment.

Couplée à un doublage depuis l’intérieur par des cloisons isolées, cette solution permet une modularité/ flexibilité maximum des locaux, puisqu’indépendant de la structure porteuse.

Ce projet est issu d’une idée simple, à partir du cœur nous avons établi une forme géométrique organique qui est située dans le patio. Les éléments semblent vivants et en mutation, ils coulent vers l’extérieur et se propagent sur le parvis et les façades.

L’usage

La fonctionnalité imposant des relations multiples, faciles et simples, le choix d’un bâtiment dense, offrant des circulations annulaires, favorisant les liaisons et les proximités, a été fait. Ainsi, tout est proche. Les laboratoires sont regroupés par deux ou par trois, orientés nord/nord-est, profitant d’une lumière douce, constante et d’une vue sur des espaces végétalisés.

Le regroupement des locaux techniques dans une bande technique située le long de l’accès livraison au Nord-ouest permet une maintenance facile des équipements.

Le parti architectural répond avant tout d’une approche bioclimatique. La disposition permet ainsi de faire profiter à tous les bureaux d’une orientation Sud et Sud-est, pour une gestion contrôlée des apports solaires.

La bibliothèque et les lieux de rencontre sont situés au cœur du bâtiment. Ils s’ouvrent sur le patio intérieur et s’affranchissent ainsi de tout problème acoustique lié à une ouverture en façade extérieure.

Cette organisation permet de créer un jardin central au cœur du projet, lieu névralgique de rencontre, d’intériorité, de réflexion et de repos. Cette respiration est un atout, un espace de vie propre aux chercheurs, elle organise les fonctions, elle protège des regards, elle qualifie l’ambiance, la convivialité et par conséquent le travail. Le jardin joue en continuité avec l’enveloppe du bâtiment : le végétal ressort de la nappe béton. Tout en limitant les consommations d’eau dues à l’arrosage, il demande ainsi un minimum d’entretien.